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mercredi 27 janvier 2021

Génération identitaire

 


 

Pas mieux :

 

 


Le projet visant à interdire Génération identitaire en donne fortement l’impression.


Il y a de cela quelques semaines, Gérald Darmanin annonçait sur Twitter la dissolution de l’ONG islamiste Baraka City. Immédiatement, sur le même réseau social, où, sur l’air des victimes (paroles de Camélia Jordana, fanfare du FLN), la plupart des jeunes prennent la défense des djihadistes après chaque attentat, tout ce que la France compte de racisés s’était indigné et avait exigé la dissolution parallèle de Génération Identitaire. Les figures de l’islamo-gauchisme avaient fait de même. Pas entendues sur le moment, elles ne désarmèrent pas. Le 4 janvier, dans Regards, revue progressiste ultra, elles y allaient carrément d’une tribune afin que « la haine » du « groupuscule d’extrême droite » soit enfin admise par les pouvoirs publics et entraîne sa chute. 

Dans cette philippique, l’exagération voisinait avec le pur mensonge. Aubry, Autain, Thomas Portes et les autres écrivaient que les membres de Génération Identitaire se prêtaient à des « actions violentes, racistes et xénophobes ». Ils précisaient que « pas un mois ne s’écoule sans que ces nervis identitaires mènent des actions de terreur à travers le pays (sic) ». De quelles « actions » parlaient-ils ? Des ratonnades ? Des viols collectifs de femmes noires et arabes dans des fermes vendéennes ? Des décapitations de musulmans ? Des tueries au FAMAS dans des concerts de raï ? Non ! Il s’agissait du déploiement d’une banderole, de l’occupation du toit de la CAF de Bobigny, du « saccage » du siège d’SOS Méditerranée à Marseille. Dans l’esprit des auteurs de ce texte fort mal écrit, l’emploi du mot « terreur » visait bien sûr à amalgamer Génération Identitaire à l’islamisme politique radical – n’hésitez pas à ajouter une épithète, ça ne coûte rien –, à mettre sur le même plan – et même un peu devant, en fait – l’agit-prop d’un mouvement patriotique et les incessants massacres perpétrés, sur notre sol, par des islamistes. Pour justifier cette odieuse comparaison, nos Durutti des beaux quartiers versaient même dans une manipulation digne des heures les plus sombres de l’Union soviétique : « En octobre, en Avignon, c’est un homme portant un blouson de Génération Identitaire qui a braqué et menacé un chef d’entreprise avant d’être abattu par la police ». On se souvient que ce jour-là, déjà sur les réseaux sociaux, les mêmes fanatiques du vivrensemble s’étaient précipités sur ce détail ; ah ! avaient-ils claironné, on vous l’avait bien dit qu’à force d’humilier les musulmans, de gifler leur sensibilité, à force d’oser mêler l’islam aux crimes commis par des loups solitaires ou des déséquilibrés, vous alliez réveiller LABÊTIMONDE. Sauf que, apprit-on rapidement, le trentenaire qui avait erré en Avignon, arme à la main, était un ancien militant du PCF, qu’il avait fait dix séjours en HP, qu’il était inconnu au bataillon chez Génération Identitaire, et que le blouson en question, n’importe qui pouvait – et peut sans doute encore – en acheter un sur Internet. La suite de la diatribe était du même tonneau. En conclusion, ces contempteurs de l’identité française révélaient le véritable motif de leur appel à Darmanin : « Nous sommes extrêmement préoccupés par la décision rendue par la cour d’appel de Grenoble qui a prononcé une relaxe suite à l’occupation du col de l’échelle (sic) ». Au printemps 2018, en effet, des membres de Génération Identitaire avait fort pacifiquement manifesté, au sommet du col en question, contre l’invasion migratoire, sous les huées des médias qui les avaient présentés comme des nazis. C’est d’abord ce verdict qui avait poussé nos maquisards du XIe arrondissement à aligner des mots dans un texte si mal fichu que même Geoffroy de Lagasnerie – le Michel Foucault de Rennes-II – en aurait honte. Malgré le soutien de la magistrature, acquise à la cause antiraciste et à l’intersectionnalité, le droit n’avait pas permis de condamner les « nervis ». Après avoir lu ce torchon, je m’étais dit – j’ai des témoins – que Darmanin ne tarderait pas à céder afin d’envoyer un « signal » à la gauche qui, depuis deux siècles, dans ce pays dont elle déteste tant le peuple, oriente tous les « débats », est l’arbitre des élégances, domine le champ des idées comme la Mannschaft dominait autrefois les Bleus – Schumacher, on te retrouvera. 

Eh bien voilà, ça y est, nous y sommes. Après avoir répété, dans les Pyrénées, sa placide opération des Alpes, Génération Identitaire est à nouveau accablé par « les Amis du Désastre » (Renaud Camus). Et cette fois, Darmanin a pris les choses en main. « J’ai demandé aux services du ministère de l’Intérieur de réunir les éléments qui permettraient de proposer la dissolution de Génération Identitaire », a-t-il twitté. En français, cela veut dire que des fonctionnaires – et des contractuels en plus grand nombre – zélés sont en train de fouiller les CV, les comptes, les draps, les chiottes de tous les membres de l’association. « Il n’est pas de grand homme pour son valet de chambre », écrit Goethe ; il est certain qu’en sondant de la sorte, les équipes du ministre de l’Intérieur trouveront ce qu’elles cherchent ; nos juges rouges-verts pourront ainsi, enfin, condamner ce « groupuscule » qui les fait tant cauchemarder, pèse tant sur leur conscience, qu’ils ont très mauvaise, comme tout gauchiste qui se respecte. 

Quand on est patriote, on a le droit d’être en désaccord avec les actions menées par Génération Identitaire. On a aussi et surtout le devoir de se regarder dans une glace et de se demander ce que l’on fait concrètement pour contrarier l’effondrement accéléré de la civilisation française. Génération Identitaire, avec qui je n’ai aucun lien, dont je ne connais aucun des membres, se bouge, permet à de jeunes gens de se retrouver au milieu des décombres sous le poids desquels, isolés, promis à l’amertume par un système qui vise justement à nous briser moralement, nous croulons.  Et il n’hésite pas, ce mouvement, à occuper cette rue dont la gauche se croit propriétaire. Même s’il commet peut-être des erreurs stratégiques ou de communication – qui n’en commet pas ? –, il contribue au réarmement moral et intellectuel de la jeunesse française contre les puissances qui désirent la liquider. Son programme est, il me semble, plein de bon sens : il affirme que la France appartient d’abord aux Français. Ceux qui pensent que cette revendication est raciste n’iraient jamais contester que l’Algérie appartient aux Algériens, le Bénin, aux Béninois, la Thaïlande, aux Thaïlandais. 
Macron vient de lancer un « débat » sur l’identité nationale. Nul doute que ce dernier aussi ridicule que celui qui avait accompagné les dernières semaines du mouvement des Gilets jaunes. C’était en effet pitié que tous ces élus des territoires qui râlaient parce qu’ils n’avaient pas qui une médiathèque, qui une rocade, qui une dotation suffisante pour mieux nourrir le clientélisme sans lequel ces notables républicains resteraient dans l’ombre à laquelle leur médiocrité les destine. Quel « débat » sérieux est possible quand le pouvoir progressiste en choisit à la fois le cadre, les termes et les participants ? La dernière fois que nous eûmes droit à un raout de ce genre, sous Sarkozy, nous gagnâmes un musée de l’Immigration… De celui-là sortira peut-être un musée Adama Traoré.

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samedi 23 janvier 2021

Algérie : retrouver la mémoire

 


 Benjamin Stora a donc remis un rapport sur l’aménagement des relations France –Algérie, proposant de solder les abominations d’une longue guerre.
Avouons donc les « corvées de bois », la torture, deux siècles d’impitoyable diffusion des vaccinations et de lutte contre la famine — et de coups de chicotte, soyons réalistes. Avouons que nous avons puissamment contribué à faire sortir de terre le pétrole et le gaz avec lesquels les militaires depuis soixante ans se remplissent les poches — en échange d’une portion du Sahara pour y expérimenter la force de frappe française…
Mais j’aimerais que parallèlement les Algériens avouent les attentats aveugles qui tuaient femmes et enfants, les mutilations opérées à vif sur des militaires français prisonniers, les Pieds-Noirs assassinés surtout quand ils étaient sans défense, et les 250 000 harkis (et leurs familles : les résistants de la onzième heure du FLN se sont fait une virginité politique en tuant des nourrissons et des femmes enceintes) qui ont été la petite monnaie des accords d’Evian —le prix en fait de la protection, quinze ans durant, des intérêts stratégiques français dans le sud.

Oui, j’aimerais beaucoup qu’un pays qui a fait de « harki » une injure a tous usages reconnaisse que ses pères fondateurs se sont conduits eux aussi comme des enfants de salauds.

En 2002, j’ai co-écrit avec mon ami Boussad Azni dont je salue la mémoire, un natif de Tizi-Ouzou expatrié avec tant d’autres dans l’un de ces merveilleux camps de vacances où les autorités françaises ont concentré, deux décennies durant, des gens qui n’avaient rien fait d’autre que défendre les intérêts de la nation, un livre rassemblant les dizaines de milliers de témoignages des massacres opérés par des « résistants » vaincus la veille, à qui l’on a offert à Evian une victoire dont ils désespéraient. Un déluge d’horreurs. Les harkis ont vainement plaidé le crime contre l’humanité — mais qui écoute les vaincus ?

De même, il faudra ici réévaluer l’action de militants bien intentionnés qui ont fait passer des armes en Algérie — des armes qui ont tué des Français par milliers. Ce ne furent pas des héros, mais des traîtres.

Si l’Algérie et les Algériens veulent effectivement normaliser les relations avec la France, qu’ils fassent le ménage dans leur mémoire officielle, grattent la couche de vernis qui occulte les monstruosités, et comprennent que cette guerre fut sale à tous les niveaux — comme toutes les guerres. Qu’il n’y a pas de vainqueurs — juste des vaincus, dans les deux camps. Parce que les terroristes vainqueurs ont admirablement bousillé un pays qui avait été mis en valeur, agricolement mais aussi humainement : combien d’élites algériennes formées en France avant même l’indépendance — combien de présidents hospitalisés en France ?
Et sans même un « merci », comme si tout leur était dû… Tout comme actuellement ils se moquent des Chinois qui s’y implantent, parce qu’ils travaillent — quelle bonne blague…

Il n’y a pas de mémoire à sens unique. Les guerres sont toujours à torts partagés. Il faudrait déjà le reconnaître. J’aimerais assez que les Algériens réécrivent les manuels d’Histoire en usage là-bas — les nôtres sont déjà tout imbibés de repentance ex-coloniale. Puis alors ils pourront promulguer des lois donnant aux femmes les mêmes droits qu’aux hommes — y compris le droit de ne pas être importunées par des fanatiques religieux. J’y suis allé en 1970, c’est un magnifique pays, j’ai sur ma peau la nostalgie des plages de Bougie (ou Bidjaia, comme vous voulez) ou Tichy et des rencontres que l’on pouvait y faire… Et sur la langue le souvenir des confitures de roses de Blida.
Mais c’est un pays arqué dans un absolutisme de la mémoire reconstruite, et qui a cessé de participer à la modernité. Si tant d’Algériens sont venus en France, c’était pour y travailler, certes, mais peut-être avant tout pour fuir un pays qui avait tant promis et qui n’a rien tenu.

Alors, tous les rapports n’y feront rien : les peuples doivent se ressaisir de leur mémoire, effacer les discours pompeux et pontifiants de ceux qui exploitent le passé à leur strict avantage, et accueillir les harkis ou les Pieds-Noirs qui désireraient revisiter leurs villes ravagées et leurs cimetières désacralisés. Mais quand ce sont les révisionnistes et les vandales qui exigent que nous fassions tout le chemin…

Jean-Paul Brighelli

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vendredi 22 janvier 2021

Une guerre de civilisation


 

 

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Le projet de loi du gouvernement sera inopérant car nous sommes engagés dans une guerre asymétrique de civilisation, contenue dans le cœur même de la doctrine islamique, et engagée formellement il y a vingt ans par l’ensemble des pays musulmans contre l’Occident, réputé décadent, explique Jean-Frédéric Poisson, président de VIA, la voie du peuple. Tribune.

Les discussions portant sur la loi contre le « séparatisme », renommée « confortant le respect des principes de la République », replacent la question islamique sur le devant de la scène. La crise sanitaire et ses errements ne doivent pas faire perdre de vue que nos ennemis sont toujours actifs. Dans un contexte troublé et violent, ce texte ne traitera rien et n’empêchera pas grand-chose.  

Les attentats islamiques de l’automne avaient achevé de le démontrer : ce n’est pas l’Union européenne qui est attaquée, mais l’Europe. Ce n’est pas la République et ses « valeurs » dont le contenu est si flou, mais la France. C’est leur patrimoine, leur ancrage, leurs sources chrétiennes. Peu après l’attentat de Vienne, le 2 novembre 2020, dans un débordement qui n’était pas seulement verbal, le Président turc avait tenté d’engager derrière lui et contre la France le monde musulman ; ou au moins cette partie de ce monde pilotée par les Frères musulmans. A défaut d’avoir complètement rallié les musulmans du monde à sa cause, il aura contribué à renforcer leur vindicte à l’égard de l’Occident en général et de la France en particulier. Peu importe : cette fois-ci, à défaut que la guerre soit formellement déclarée, le conflit est ouvert.

Dans ce désordre généralisé, la période est propice aux prises de conscience. Certaines sont spectaculaires, mais si tardives qu’elles en sont suspectes. Quand la gauche française appelle à la fermeté, on ne peut oublier pour autant qu’elle a utilisé depuis un demi-siècle l’immigration comme pompe électorale, et la culpabilisation du judéo-christianisme occidental comme arme de destruction massive. En juillet 2011, la Fondation Terra Nova n’invitait-elle pas le Parti socialiste à oublier les classes populaires comme cible électorale privilégiée et à choisir au contraire les communautés homosexuelles et immigrées comme socle de son projet politique ? Abandonner ce qui restait du peuple prolétarien de gauche au profit de communautés agissantes, influentes, et d’autant plus fortes qu’elles étaient susceptibles de maintenir la droite dans sa culpabilité : c’est devenu la stratégie de la gauche française depuis dix ans.

Les partis de droite, quant à eux, ne parviennent toujours pas à regarder l’islam en face. En refusant d’utiliser la sémantique adéquate, ils contribuent à l’embrouillage du débat. Parce que le problème n’est pas seulement ni d’abord « l’islam politique » soutenu par Daech et ses amis, mais le contenu lui-même de la doctrine de l’islam, propagée qui plus est par des États musulmans non pas dans un seul but prosélyte, mais comme un outil de conquête. Tant que le point de départ du débat public ne sera pas posé ainsi, nous n’aurons que peu de chances de nous tirer de ce mauvais pas.

L’expansion de l’islam, au besoin par la violence ou la réduction en esclavage de ceux qui y résistent, est légitimée par ses textes sacrés, dans ses buts comme dans ses moyens.

Nous entendons depuis quelques semaines des mots auxquels nos oreilles n’étaient pas habituées : « fermeté », « force », « action ». Et même de la part du président de la République, un « ils ne passeront pas » tout en coup de menton, traduction du « no pasaran » des communistes espagnols, référence d’autant plus surprenante que cette déclaration pleine de détermination a précédé pour ses auteurs une cuisante défaite. Mais il se trouve encore quelques beaux esprits pour expliquer que la fermeté serait anticonstitutionnelle, voire horresco referens, contraire à nos engagements européens ! Et l’ambassadeur de France en Suède pouvait déclarer à la télévision quelques jours après Vienne : « La France est un pays musulman »… Le chemin est donc encore long.

Ces différents épisodes, tragiques ou non, ne sont pas l’effet d’un énervement passager. Ils sont des éléments d’une stratégie de long terme. Il y a vingt ans, les 57 pays membres de l’Organisation de la coopération islamique (OCI) adoptaient à l’unanimité un document officiel et public faisant état de leur volonté d’installer la charia en Europe en s’appuyant sur l’engagement des communautés musulmanes installées en Occident (« Stratégie d’action culturelle islamique à l’extérieur du monde islamique », disponible sur le site isesco.org ; voir à ce sujet notre livre « L’islam à la conquête de l’Occident », Éditions du Rocher, 2018). Ce document n’a toujours pas été dénoncé. Il a même été complété jusqu’en 2009, et décrit parfaitement les liens entre les États musulmans et les organisations implantées en Occident qui acceptent de servir d’instruments à cette logique de conquête.

Nous sommes effectivement en « guerre », selon le langage du chef de l’État. Mais cette guerre se déroule simultanément sur plusieurs plans. Elle ne peut se limiter à une lutte contre le terrorisme, même élargie à des mesures visant à limiter l’immigration (à supposer qu’on veuille les prendre…), à renforcer la sécurité de nos frontières, ou à modifier nos lois dans le sens d’une plus grande fermeté. Nous sommes engagés dans une guerre asymétrique de civilisation, contenue dans le cœur même de la doctrine islamique, et engagée formellement il y a vingt ans par l’ensemble des pays musulmans contre l’Occident, réputé décadent.

Au fond, c’est notre Vietnam. Et nous sommes en train de commettre la même erreur que les Américains, il y a cinquante ans : croire que le problème est matériel lorsqu’il est d’abord moral et psychologique.

D’abord, c’est bien une guerre de civilisation. L’expansion de l’islam, au besoin par la violence ou la réduction en esclavage de ceux qui y résistent, est légitimée par ses textes sacrés, dans ses buts comme dans ses moyens. Le « modèle excellent » qu’est Mahomet (Coran, sourate 33, verset 21) en constitue un exemple, comme le montrent tant sa biographie que le recueil de ses faits et gestes – deux autres documents qui font partie de la tradition musulmane officielle. De nombreux musulmans occidentaux, lorsqu’ils sont animés de sentiments pacifiques, se retrouvent otages de ce conflit et placés devant un choix impossible. Ou bien épouser la thèse de la conquête, contre leur conviction, contre leur mode de vie et sans doute leur propre intérêt, ou bien accepter l’idée que le Coran se trompe, ou que certaines de ses injonctions ne sont pas légitimes, ni recevables : que la parole d’Allah n’est pas divine, au fond, contre leur conviction intime, leur foi, et l’héritage qui leur a été transmis. Ne cherchons pas plus loin les raisons pour lesquelles un certain nombre d’imams ont décidé de ne pas signer la récente « Charte des principes pour l’islam de France », proposée par le gouvernement, et qui demande aux musulmans de renoncer à certaines de leurs croyances les plus ancrées.

Ensuite, cette guerre est asymétrique. Au fond, c’est notre Vietnam. Et nous sommes en train de commettre la même erreur que les Américains, il y a cinquante ans : croire que le problème est matériel lorsqu’il est d’abord moral et psychologique. Croire qu’il suffit d’augmenter le nombre de soldats alors qu’il faut d’abord comprendre contre qui et pourquoi la guerre doit être conduite. Croire qu’il suffit d’armer les soldats lorsqu’il faut commencer par le réarmement du sens, de ce que à quoi notre mode de vie et sa défense nous obligent, et qui justifie notre combat. Notre adversaire est matériellement plus faible que nous, et pourtant il nous impose son agenda, son tempo et parfois même sa vision du monde.

Plus faible matériellement, sans doute. Mais plus fort moralement. Plus convaincu de son bon droit que nous ne le sommes du nôtre. Plus enraciné dans son histoire, sa culture, sa mission « civilisatrice » (les États musulmans assument cette manière de lire l’histoire de notre temps, convaincus de la supériorité de l’islam sur toute autre civilisation). Et puisque l’Occident ne cesse de regretter ce qu’il est, il est faible face à des États, des organisations ou des individus qui sont fiers de ce qu’ils sont. Notre adversaire tire sa force de la solidité de sa conviction, autant que de notre faiblesse morale. Et quand les États musulmans financent les mouvements islamiques conquérants, ou demandent à faire interdire au plan international la critique de l’islam, nous protestons avec notre code civil plutôt qu’avec notre âme, en oubliant que si notre âme n’était pas ce qu’elle est, nous n’aurions pas de Code civil.

Nous ne sortirons pas vainqueurs de cet affrontement par la seule force, ni par elle d’abord. Les conflits de civilisation se gagnent sur le plan culturel et moral avant tout. La Turquie s’attaque à la France parce que les prédateurs frappent prioritairement les bêtes les plus faibles du troupeau... Les gouvernants européens sont pétrifiés et impuissants. Nos gouvernants français sont indécis. Il est temps que notre peuple se réveille.