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mardi 27 février 2018

Logement ouvrier

Ce soir il n'y avait rien dans le frigo. Enfin si, il y avait plein de trucs, mais rien qui me disait. J'ai dit à ma belle qui se nourrit d'un rien, elle, (ce pourquoi d'ailleurs elle est toujours aussi belle) : "je me casse, j'ai les crocs, j'vais manger un couscous".
Je l'ai laissée étonnée avec sa biscotte tartinée d'une crème au lait pasteurisé
en suspension devant sa bouche.
Au couscous je m'en suis mis ras la dent.
Puis, repu de boulettes et de brochettes, de vin gris, j'ai avisé dans cette rue autrefois populaire, toute une série de bagnoles de marques, rutilantes , pimpantes, arrogantes. A. venant me resservir une boukha, je lui fis part de mon étonnement :
- c'est quoi ça ? On n'est pas à Medellín ici !
- c'est devenu très cher ici tu sais... pas loin de 10000 le m2.
La rue, mignonne certes mais sans caractère particulier, est une suite de logements ouvriers bâtie au début du vingtième. Une ancienne rue de prolos quoi. Et j'aimerais que l'on réfléchisse à cela une seconde : des bourgeois, ou qui se vivent comme tels, qui s'en vont tous les matins bosser à la Défense, par exemple, le costume bien mis, regagnent le soir venu leurs chez eux qui étaient autrefois des logements ouvriers. Des logements ouvriers !
Quand un pays n'a plus à offrir à son élite, pour se loger, que de jouer les parasites ou les coucous dans l'habitat des classes inférieures du temps passé, c'est qu'il est définitivement foutu.
Ou que l'élite en question n'est composée que de prolos qui s'ignorent.

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