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mercredi 17 août 2022

Réchauffement climatique



Merci à Mildred ainsi qu'à Bedeau.

Je suis tombée sur cet article qui date déjà de 2015 et j’avais envie de le partager avec vous car il rejoint fortement le fond de mes pensées sur la question du réchauffement climatique.
Jean-Paul Rampnoux professeur agrégé de géologie à l’université de Chambéry (décédé  il y a quelques années) rappelait à ses amis que  nous étions en fin de période glacière étant donnée qu’il y avait encore des glaciers et que Chambéry était encore recouvert d’une couche de glace de 1 km d’épaisseur il  y a moins de 10.000 ans.
Il n’y a que les hommes politiques dont la  compétence provient de leur élection populaire qui prétendent que le réchauffement est dû à l’activité humaine…

Réchauffement ?

Ce qu’en pense un expert suisse Werner Munter… Difficile de savoir qui il faut croire mais tous les arguments doivent pouvoir être exprimés…

C’est de l’arrogance de croire qu’en 150 ans d’industrialisation nous avons changé le climat !

Spécialiste reconnu des avalanches, le Suisse Werner Munter planche nuit et jour depuis trois ans sur le réchauffement climatique. Et, pour lui, l’homme n’y est pour rien !

Il y a une semaine, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) pointait une nouvelle fois d’un doigt accusateur l’homme et le CO2 qu’il produit comme principaux coupables du réchauffement climatique. Pour Werner Munter, spécialiste mondialement reconnu des avalanches, qui se penche compulsivement sur le phénomène depuis trois ans, « ces gens sont des imbéciles qui répètent en boucle des bêtises, le savent et sont payés pour ! » Le Bernois nous a longuement reçus dans son appartement.

d’Arolla (VS) pour étayer ces accusations entre une tranche de viande séchée et deux verres de Cornalin. Son diagnostic climatosceptique, loin d’être celui d’un hurluberlu, est partagé par d’éminents scientifiques dont deux Prix Nobel. Il nous l’explique.

Vous affirmez que l’homme n’a rien à voir avec le réchauffement. Pourquoi ?

Précisons tout d’abord que je ne conteste pas le réchauffement lui-même. Je l’ai d’ailleurs constaté en tant que guide de montagne en voyant les glaciers reculer. Celui qui nous fait face par exemple a perdu 100 m depuis que j’ai acheté cet appartement en 1989. En 2005, le pilier Bonatti des Drus s’est effondré à cause du réchauffement du permafrost. Ce que je remets en cause, ce sont les causes de ce réchauffement. Elles n’ont rien à voir avec l’homme ou avec le CO2 comme on nous le serine. Je suis arrivé à cette conclusion pour trois raisons.

Quelles sont ces raisons ?

La première, c’est tout simplement l’analyse des données climatiques reconstituées sur des millions d’années. Rien que dans les 10 000 dernières années, il y a eu cinq pics de températures comparables à celui que nous vivons. Ces optima correspondent à des cycles naturels. Au Moyen Age, il était par exemple possible d’aller en vallée d’Aoste depuis Arolla avec les troupeaux car le glacier n’existait plus. Lors des deux premiers optima, le Sahara était une savane avec des lacs, des arbres et des éléphants. Avant cela, pendant des centaines de milliers d’années, il a fait plus chaud qu’aujourd’hui. Et parfois jusqu’à 7 degrés plus chaud ! Or le

GIEC se concentre sur les 150 dernières années. Autant dire qu’il regarde autour de son nombril. Les reconstructions paléoclimatiques montrent aussi que, pendant des centaines de millions d’années, il n’y a pas eu de corrélations entre le CO2 dans l’atmosphère et la température sur terre.

Votre second argument ?

La concentration de CO2 – qui est soit dit en passant un gaz vital et non pas un poison – dans l’atmosphère est négligeable. Il y en a un peu moins de 0,5‰ dans l’atmosphère, et au maximum 5% de cette quantité est imputable à l’homme. Pour un million de molécules d’air, il y a seulement 20 molécules de CO2 produites par l’homme. Et chaque année, notre industrialisation rajoute 4 molécules de CO2 pour chaque million de molécules d’air, mais la moitié est absorbée par les océans et les plantes. Et on veut nous faire croire que cette infime proportion due à l’homme est une catastrophe ? J’ai beaucoup de peine à le croire (rires).

Pourquoi dès lors la thèse officielle fait quasi consensus ? Vos collègues scientifiques ne sont pas des imbéciles !

Ces théories visent à nous culpabiliser. Quand des scientifiques comme ceux du GIEC disent qu’ils veulent sauver la planète, je dis qu’ils ne sont pas crédibles. Ils mentent pour préserver des intérêts économiques dont les leurs. Car il y a tout un business derrière la lutte contre le réchauffement. Il y a une volonté de faire peur aux gens par exemple en dramatisant la montée des océans, alors que ceux-ci ne s’élèvent que de 2 à 3 mm par an ! C’est aussi une manipulation intellectuelle de parler de CO2 en tonnes plutôt qu’en proportion. Des tonnes, ça impressionne, mais rappelons que l’atmosphère pèse 5 000 000 000 000 000 tonnes ! (cinq millions de milliards de tonnes!)

Votre dernier argument est que la thèse officielle contredit les lois de la physique. C ’est-à-dire ?

Celle de la thermodynamique en particulier. Pour faire simple : la terre fait 15° en moyenne. L’atmosphère censément polluée de CO2 est grosso modo à -30° à 10 km d’altitude. Qu’elle réchauffe la Terre qui est bien plus chaude qu’elle est une aberration. La thermodynamique nous dit que la chaleur va toujours vers le froid et jamais dans le sens inverse, ce que correspond à notre expérience quotidienne.

Alors au final, comment expliquez-vous ce fichu réchauffement ?

Je n’ai pas de réponse car trop de facteurs entrent en jeu. Par contre, j’ai des hypothèses. Je soupçonne par exemple les variations de l’intensité du rayonnement solaire – qui répondent à des cycles – de jouer un rôle central, tout comme les processus nucléaires complexes et méconnus qui sont à l’œuvre au centre de notre Terre. Quoi qu’il en soit, c’est de l’arrogance de croire qu’en 150 ans d’industrialisation nous avons changé le climat. La nature est bien plus forte que l’homme, nous ne sommes pas les maîtres de la Terre !

Et si le réchauffement climatique n’était que le prétexte à la création de nouvelles taxes ?
Si le fait que la Sibérie devienne cultivable n’était pas une catastrophe ?
Ceux-là même qui sont incapables de prévoir la météo à plus de 5 jours et qui prétendent savoir le temps qu’il fera dans 50 ans, nous prenaient pour des cons ?

Et si la sagesse consistait à dire qu’on n’en sait rien …. Et si on commençait à raisonner par nous-mêmes au lieu de gober tout ce qu’on veut nous imposer ? (dans « imposer », il y a « impôt » !)


SOURCE

mardi 14 juin 2022

Alors nous retrouverons des citoyens éclairés, concernés par le vote.

 

 

Record d’abstention: s’il vous plaît, rallumons la lumière!
Unsplash

52,50 % : tel est le record inédit du taux d’abstention pour ce premier tour des législatives. Bien sûr, on peut toujours incriminer le retour du temps des cerises et des barbecues qui éloignerait du devoir civique. La saison du bermuda et des doigts de pieds, libres de s’ébattre dans les sandales, bat en effet son plein.

Perfide Evelyne Dhéliat

Dimanche dernier, la météo, perfide, incitait clairement à fuir son devoir civique. On préféra alors sillonner les villes, en famille et casqués, juchés sur des trottinettes, destriers du XXIe siècle, emblèmes de la quête désespérée d’une éternelle enfance. 

Les rires fusaient des terrasses de cafés en de longues stridulations enjouées. On y sentait poindre une légère ivresse, celle qui permet, alors qu’on croit communier avec l’autre, d’échapper un instant à « l’insoutenable légèreté de l’être. » D’autres conviés à la partie de campagne proposée par le printemps s’étaient amassés et rassemblés sur les pelouses et les rives des cours d’eau ou les plages. On ripaillait pour célébrer la renaissance et l’illusion de l’éternel retour de tout.

On pourrait, tout aussi justement, penser que cette exceptionnelle abstention résulte d’une lassitude qui aurait gagné les Français, après la farce des présidentielles. Il faut bien avouer que le pitoyable spectacle d’un président sortant, embusqué et taiseux, était de nature à décourager quiconque d’aller voter. Il refusa de se risquer hors du bois avant l’heure pour conserver toutes ses chances de réélection et n’eut d’autre argument à proposer pour légitimer sa reconduction que l’urgence qu’il y avait à contrer le Rassemblement national.

C’est une hypothèse qui reste valable, d’autant plus que notre diable d’homme, à peine réélu, ce, avec une abstention déjà alarmante, nous refit illico le coup du front républicain quand il daigna s’abaisser à faire campagne pour ce premier tour des législatives. Dès qu’il fut question de désigner à la vindicte populaire le nouvel ennemi à défaire, la Nupes, autrement dit Mélenchon et ses affidés, notre triste sire, pour mieux nous persuader de la gravité du moment, donna à sa voix la solennité qu’il aime à adopter quand il tient son rôle de chef de guerre.

À notre avis, cependant, le mal vient de plus loin. Nous rendons responsable de ce délitement progressif de l’esprit qui engendre l’absence de conscience politique, l’injonction, devenue mantra, à vivre une fête perpétuelle et le droit, farouchement revendiqué, « au bonheur mérité par l’excellence de nos âmes », pour reprendre l’expression savoureuse de Flaubert, dans L’Éducation sentimentale. 

L’école, non seulement ne parvient pas à endiguer ces prétentions puériles, mais au contraire les encourage : devenus de vastes terrains de jeu, nos établissements scolaires ont, on le sait, désormais vocation à animer et non plus à transmettre. 

Philippe Muray, un visionnaire

Lesdites aspirations à une fiesta permanente, dignes du jardin d’enfants, furent dénoncées par Philippe Muray, dans ses chroniques rassemblées sous l’intitulé : Après L’Histoire, dès la fin des années 90. J’en veux pour preuve cet extrait qui ouvre Des critiques en déroute par temps hyperfestif (janvier 2000) : « L’époque est une tête à claque qu’il devient jour après jour un peu plus agréable de gifler. La satisfaction avec laquelle elle se montre, son conformisme euphorique autant qu’ignominieux, son allure de tranquille impunité quand elle déploie l’éventail de ses plus malfaisantes sottises et l’ensemble de ses nuisances approuvées, enfin cet incroyable teint de rosière qu’elle arbore en toute occasion, lorsqu’il s’agit de célébrer de nouvelles mutations, d’applaudir au défi ludique des surfeurs des neiges, au succès d’internet, à l’adoption d’Halloween par les peuples colonisés, au triomphe de l’économie de marché, de la transparence, du patin à roulettes (…) et des pique-niques citoyens avant les séances de cinéma en plein air, font ardemment regretter qu’elle n’ait pas un seul visage sur lequel on puisse taper avec gaieté et sans relâche. »

Philippe Muray, visionnaire, n’aurait pas été déçu par notre époque. Cette aspiration à la liesse éternelle, qu’il épinglait déjà à l’aube de notre siècle avec une juste férocité, a en effet crûe de façon exponentielle : les trottinettes se sont abattues sur nos villes comme des nuées de sauterelles et dans les librairies, le rayon consacré au développement personnel est responsable d’une déforestation sans précédent. « Être présent à l’instant présent » et dans la joie, s’il vous plaît : tel est le mode d’emploi pour réussir immanquablement sa vie.

Cette quête forcenée du « tout au ludique » a commencé par atrophier les cerveaux puis a contribué à fragmenter une société constituée d’éléments mal jointoyés en l’absence du ciment que constitue un devoir qui impliquerait la sale contrainte, de plus en plus honnie. C’est dans ce terreau fertile qu’ont poussé les revendications de chacun qui souhaite être considéré comme unique et par conséquent, refuse de se plier à ce qui fait société et qui impliquerait une obligation vis-à-vis d’autrui.

Celui qui n’a jamais été seul, au moins une fois dans sa vie…

Nous ne sommes plus un peuple, mais des entités antagonistes qui prônent ou dénoncent, en vrac : « l’appropriation culturelle », « la cancel culture », « le communautarisme », « la déconstruction », « l’indigénisme », « l’intersectionnalité », « l’islamogauchisme », « la justice raciale », « le néoféminisme », « le privilège blanc », « le racisme anti-blanc », « le racisme systémique », « le séparatisme », « l’universalisme », « le wokisme ». Cette nomenclature barbare accompagne la désagrégation de notre société, maintenant comparable à un tas de sable dont chaque grain serait un individu.

Pour qui et pourquoi, alors, aller voter, puisque qu’on est seul ? L’épopée fédératrice a cédé la place aux récriminations et aux revendications individuelles d’un moi hypertrophié refusant toute frustration. Payer de sa personne ou veiller aux intérêts communs est maintenant complètement démonétisé. Le ricanement est de mise quand on rencontre un pauvre hère qui aurait conservé cet idéal.

Transmission, appartenance à une culture, inscription dans l’Histoire : tout a disparu. Nous avons éteint la lumière et « nous courons sans souci dans le précipice après que nous avons mis quelque chose devant nous pour nous empêcher de le voir » (Pascal, Pensées, 1670). Ce « quelque chose », c’est notre pauvre « moi ». Nous le brandissons naïvement comme un flambeau, prétendant éclairer les ténèbres profondes qui nous environnent mais il ne s’avère être que la flamme vacillante d’une bougie exposée à la bourrasque. De grâce, cessons de nous prendre pour Matamore et rallumons vite la lumière, celle de l’instruction et de l’éducation pour retrouver l’esprit critique, la réflexion et raviver ainsi l’esprit du collectif. Alors nous retrouverons des citoyens éclairés, concernés par le vote.

SOURCE 

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Les classes populaires ont une conscience aigüe des impasses sécuritaires, politiques, médiatiques, sanitaires… qui les enferment. Mais elles peuvent faire preuve d’imagination pour défendre leurs intérêts.


« L’an 01 ». En 1973, Jacques Doillon réalise un film intitulé « l’An 01 », d’après une bande dessinée de Gébé parue dans Politique Hebdo, puis Charlie Hebdo. Le scénario est le suivant : un beau matin, la population décide d’un commun accord de tout arrêter (le travail, la consommation, les transports en commun…), de réfléchir à l’utilité du travail que l’on fait et de réinventer la société. Et si on sonnait chez le voisin pour faire connaissance ? Si on ouvrait un potager dans le bitume parisien ? Si on piétinait les pelouses interdites ? Si on s’embrassait ? Si on… etc.

Les citoyens croient de moins en moins à la mascarade électorale

L’an 01 de Gébé a quitté la fiction. En 2022, des pans entiers de la société française ont d’un commun accord, décidé de faire un pas de côté. Mais à la différence de la BD, cela n’a rien de festif. Au plan politique, les électeurs ont abandonné les partis traditionnels (PS, LR) qui se sont effondrés. Plus grave, les mêmes boycottent les élections et l’abstention devient toujours plus massive. Aux présidentielles de 1988, un électeur sur cinq ne se déplaçait plus. En 2022, le boycott a concerné un électeur sur quatre (27%). Aux législatives de 2007, quatre électeurs sur dix ne votaient pas. A celles de 2022, plus d’un électeur sur deux ne s’est pas déplacé.

Ne pas aller voter n’indique pas un civisme en panne, mais l’indifférence à une mascarade. À quoi bon élire des gens qui plutôt que d’organiser un référendum sur les sujets qui comptent (l’immigration, l’école, les services publics, l’impôt, la santé…) consulteront plutôt McKinsey, Accenture et consorts ? À quoi bon donner une majorité à un président qui s’est empressé d’inventer des lieux d’élaboration de la décision en dehors des circuits démocratiques : « les grands débats » au moment de la crise des gilets jaunes, les cahiers de doléances remisés au grenier sitôt la crise passée, le conseil de défense ultra secret au moment de la pandémie, et maintenant le CNR, futur Conseil National de la Refondation, qui indique clairement l’intérêt du président pour la représentation populaire…

Le plus beau métier du monde

Mais l’an 01 n’est pas seulement électoral. Le pas de côté s’effectue aussi à l’école. Qui veut être prof aujourd’hui ? Plus personne. L’institution scolaire rebute littéralement et les candidats les plus qualifiés boudent les concours de recrutement. Concernant la rentrée 2022, « avant même les oraux, le nombre de candidats admissibles aux écrits est inférieur, dans certaines disciplines, au nombre de postes proposés. Pour les collèges et lycées, la situation est très critique en mathématiques (816 admissibles au Capes pour 1035 postes), en allemand (83 pour 215) et en lettres classiques (60 pour 134) » écrivent Aude Bariéty et Caroline Beyer dans le Figaro.

L’explication officielle de cette désaffection est « le salaire d’un enseignant stagiaire : 1827 euros brut ». Scandaleusement bas, bien sûr ! Mais la raison corollaire arrive très rapidement dans la foulée : « Aller dans les académies de Créteil ou Versailles, sans accompagnement, lâché dans le grand bain sans brassard, pour cette rémunération, ça ne passe pas», assène Stéphane Crochet, du syndicat SE-Unsa. 

« Grand bain », « sans accompagnement », « sans brassard »… autant de formules contournées pour indiquer ce que tout le monde sait aujourd’hui, à savoir que l’école publique a craqué sous le poids de l’immigration et que dans  certaines zones, les élèves font désormais la loi, imposent les programmes (il est des sujets tabous comme la Shoah) et n’hésitent pas à attenter à la sécurité physique des enseignants. Comme l’institution laisse faire, les enseignants désertent. Ce sera sans eux, merci !

Panique à l’hôpital, crainte de l’embrasement des banlieues…

L’hôpital souffre lui aussi du même pas de côté. La suppression de 80 000 lits d’hôpital public en vingt ans, la stagnation des salaires, la fermeture des petits hôpitaux de proximité, et un mode de rémunération des hôpitaux conçu pour optimiser l’occupation des lits en fonction d’effectifs toujours plus ajustés créent les conditions d’un stress permanent. Le conflit entre soin et productivité est à l’origine de la grande hémorragie. Sarah, 25 ans, après quatre années passées aux urgences pense déjà à une reconversion. “Le soir, on rentre chez soi en pleurs en se disant qu’on n’a pas fait du bon boulot, et on se demande quel pourrait être notre avenir plutôt que d’être infirmière.” Les Sarah sont si nombreuses à opter pour une reconversion professionnelle que des services hospitaliers se ferment naturellement, sans décision administrative, par simple carence du personnel.

Quant à la sécurité, le pas de côté est plus discret mais non moins réel. Cinq millions de Français détiennent légalement des armes à feu et 240 000 sont inscrits dans des clubs de tir pour « se défendre au cas où ». L’heure en France est à l’autodéfense, car le doute existe que la police intervienne – ou puisse le faire à temps – si elle doit affronter les tenants de la « diversité ».

Le régime diversitaire s’embrase

L’affaire du Stade de France a confirmé que l’Etat est prêt à tout pour éviter de se trouver en conflit direct avec cette partie de la population que l’on nomme « diversité ». Pour expliquer les troubles à l’ordre public qui ont eu lieu à l’occasion de la finale de la coupe de l’UEFA au Stade de France, le ministre de l’Intérieur, a trouvé plus simple d’accuser les supporters britanniques d’avoir tenté d’entrer sans billets. En créant un bouc émissaire, l’Etat a effacé le crime des racailles de Seine Saint-Denis qui se sont ruées par dizaines pour attaquer, violenter, voler voire agresser sexuellement des spectateurs sans défense. Et pour éviter que ce mensonge d’État ne vole en éclats, les bandes vidéo des caméras de surveillance du Stade de France ou de la RATP ont été mécaniquement effacées faute d’avoir été réquisitionnées à temps par le Parquet. Si l’on en croit le Daily Mail, le gouvernement français aurait même pesé sur l’UEFA pour que son communiqué relatif au désordre de la finale ne fasse pas mention des agressions de spectateurs britanniques et espagnols. Comme l’écrit brillamment Mathieu Bock-Coté dans le Figaro, « le régime diversitaire ne se contente plus de dissoudre le réel en produisant une confusion toujours reconduite entre le vrai et le faux. Il détruit désormais les preuves de la société dévastée qu’il engendre. Il détruit les conditions mêmes d’observation de la réalité. Ce qui a eu lieu n’a pas eu lieu, ce qui est advenu n’est pas advenu ». 

Comment s’étonner ensuite que les Français fassent un pas de côté vis-à-vis des médias ? L’enquête Confiance dans les médias réalisée en 2022 par l’institut Kantar pour le journal La Croix a confirmé que 90% des sondés considèrent que les médias sont essentiels au bon fonctionnement de la démocratie et que 77% affirment que la liberté de la presse est au fondement du pluralisme. Mais une fois ces principes posés, les mêmes ne sont plus que 29% à affirmer leur « confiance » dans les médias alors que le niveau de confiance atteint 59% ailleurs en Europe. Concernant la radio, qui est perçue comme le média le plus fiable, moins d’un auditeur sur deux (44%) estime que les journalistes radio rapportent les faits « à peu près » comme ils ont eu lieu, et 5% des auditeurs seulement croient que les faits rapportés par la radio se sont produit « vraiment » comme la radio les raconte.

La maison squattée d’Ollainville

Comment survivre dans un environnement national aussi dysfonctionnel ?

Elodie et Laurent, ces deux prolos qui ont acheté à Ollainville (Essonne) une maison squattée par une famille tunisienne ont montré qu’avec un peu de jugeotte, la chose était possible. 

Elodie et Laurent savaient que le bien immobilier qu’ils venaient d’acquérir était squatté par une famille maghrébine. Mais c’est aussi en raison de cette situation qu’ils ont pu l’acquérir à un prix très en dessous du marché. Une fois leur achat en poche, ils ont joué le désarroi devant un journaliste du Parisien. Leur vidéo de « victimes » des squatteurs a circulé sur les réseaux sociaux et son retentissement médiatique a été d’autant plus grand qu’on était en période électorale. Le ministre de l’Intérieur est intervenu et les squatters maghrébins ont décampé sans délai. En deux mots, Élodie et Laurent ont inversé le processus victimaire qui joue mécaniquement en faveur de l’immigration, ont instrumentalisé les médias avec un grand sens politique pour susciter la sympathie et ont pesé sur les politiques eux-mêmes pour faire aboutir une affaire personnelle. En agissant ainsi, ils ont court-circuité la justice, la police et ont économisé beaucoup de temps et d’argent.

Cette pratique montre que les classes populaires ont une conscience aiguë des impasses sécuritaires, politiques, médiatiques, sanitaires… qui les enferment, mais qu’elles sont prêtes à faire preuve d’imagination pour défendre leurs intérêts. Comme l’écrit le géographe Christophe Guilluy, les classes populaires « marronnent », un peu comme le faisaient les esclaves qui fuyaient les plantations où ils étaient tenus en esclavage. En d’autres termes, chacun tente de survivre loin de la sphère d’influence des puissants. Christophe Guilluy utilise ce terme de « marronnage » pour décrire cette attitude nouvelle des classes populaires : « elles n’écoutent plus ce que prescrivent les élites, elles préfèrent mater un bon film ou Cyril Hanouna que François Hollande ». Élodie et Laurent ont montré qu’ils savaient sur quels boutons appuyer pour obtenir gain de cause.

 

mercredi 20 avril 2022

Pourquoi il ne faut pas voter Le Pen

 


Ne votez pas pour Mme Le Pen!

Parfois, j’essaie d’imaginer ce qui pourrait arriver si Mme Le Pen était élue présidente.

D’abord, n’ayant pas grand monde autour d’elle, son gouvernement serait composé en partie d’incapables plus ou moins guignolesques. Un peu comme le sont ou le furent, par exemple, Mme Ndiaye, Mme Schiappa, M. Véran ou Mme Buzyn.

Il y aurait aussi quelques ralliés de la dernière heure, comme le fut M. Le Maire qui, quelques jours avant la victoire de M. Macron, expliquait que ledit M. Macron était « une coquille vide ».

Un entourage suspect

Et puis bien sûr, il y aurait des gens, vieux politiciens ou dirigeants de la société civile, qui traîneraient derrière eux des bouquets de casseroles. Un peu comme, par exemple, M. Bayrou, Mme de Sarnez ou M. Ferrand, le roi de l’acrobatie immobilière.

Peut-être même trouverait-on dans l’entourage de Mme Le Pen des personnages au passé et à la fonction troubles, des espèces d’hommes de main que l’Elysée protègerait contre vents et marées, allant pour cela jusqu’à demander à des hauts fonctionnaires de mentir et de se parjurer devant une commission sénatoriale. Comme qui dirait, des profils à la Benalla.

Ensuite, la gouvernance de Mme Le Pen serait évidemment marquée par la violence antidémocratique. On pourrait, par exemple, voir des manifestants se faire éborgner par les forces de l’ordre, sous les ordres d’un préfet de police hargneux qui considèrerait que les manifestants et lui « ne sont pas dans le même camp ». Peut-être même que, pour justifier ces violences, le ministre de l’Intérieur irait jusqu’à inventer une prétendue prise d’assaut d’un hôpital par les manifestants, pourquoi pas ?

Un programme antisocial

Cette gouvernance multiplierait évidemment les mesures antisociales. Par exemple, les APL pourraient être réduites, le RSA octroyé à condition de travailler bénévolement 15 ou 18 heures par semaine, et l’âge de la retraite reculé.

Dans le même temps, les impôts pesant sur les plus riches seraient réduits ou supprimés, ce qui permettrait à ces super-riches d’accroître leur fortune de plus de 80% en moins de deux ans, comme ce fut le cas pendant la pandémie de Covid-19.

Des décisions arbitraires et contradictoires sont à craindre

Il se pourrait aussi que, décidant seule ou en compagnie d’un petit cénacle mal identifié, elle multiplie les décisions arbitraires et contradictoires, imposant par décret un jour le port de quelque chose, le lendemain l’interdiction d’autre chose, sans que personne ne puisse en comprendre les tenants et les aboutissants. Dans cette même veine, elle pourrait carrément décider d’exclure de leur travail certains fonctionnaires trop rétifs, et de les faire molester et humilier par la police s’il leur prenait fantaisie de prétendre s’insurger.

Et n’oublions pas le mauvais goût de Mme Le Pen, qui l’amènerait à faire redécorer les plus belles salles de l’Elysée avec des meubles, des tapis et des tableaux dans le pire style de parvenu levantin. Ou qui lui ferait inviter dans notre palais national, pour la Fête de la Musique, des groupes bruyants et interlopes à peine dignes de se produire dans le cabaret « Chez Michou ». Sans compter qu’elle pourrait aussi – qui sait ? – se faire photographier avec de beaux corps basanés dans des poses exagérément suggestives.

Enfin, je ne vous parle même pas de la façon dont Mme Le Pen pourrait, se soumettant à la doxa libérale de l’UE, brader à vil prix quelques-uns des fleurons de l’industrie française, privatisant les profits tout en mutualisant les pertes pour le plus grand bénéfice de quelques entreprises privées rapidement reconnaissantes. Ou peut-être aussi que, soucieuse de remercier des vieux copains d’école qui l’auraient aidée à gagner l’élection, elle leur renverrait l’ascenseur en commandant à leurs cabinets de conseil des missions dont le prix serait aussi élevé que la finalité en serait floue ?

Oui, il pourrait bien arriver tout ça si Mme Le Pen était élue.

Il ne faut surtout pas voter pour Mme Le Pen.

SOURCE 

mercredi 30 mars 2022

Votez McKinsey (MAJ du 01/04/2022)

 

 

Liberté, égalité, McKinsey – le scandale d’un État qui n’en est plus un

Le scandale des cabinets de conseil est énorme. À côté, les costumes de François Fillon font petits bras. François Fillon, c’est le type qui gratte des fourchettes dans les restaurants et des peignoirs dans les hôtels de luxe. Médiocre, jusque dans l’enrichissement personnel. Tout le contraire des petits copains de promo d’Emmanuel Macron qui travaillent dans ces cabinets. L’État leur a donné l’an dernier plus d’un milliard d’euros d’émoluments pour des conseils douteux délivrés dans l’opacité la plus complète. Décidément, la République des conseilleurs ne sera jamais celle des payeurs.
 

Vous connaissez le Big Mac, testez le Big McKinsey, aussi toxique, aussi riche, mais pas en calories. Lui, c’est en devises et en notes d’honoraires qu’il déborde. McKinsey, c’est le plus fameux cabinet de conseil au monde. Siège social : l’État – minuscule – du Delaware, le paradis fiscal dont Joe Biden fut le sénateur à vie et qui permet à McKinsey de ne pas payer d’impôt sur les sociétés en France tout en déclarant qu’il s’en acquitte. Surnom : la « Firme », comme dans le film de Sydney Pollack. Client le plus connu sous nos latitudes : Emmanuel Macron, associé-gérant chez Rothschild, dont les appointements stratosphériques ont mystérieusement disparu, du moins dans sa déclaration de patrimoine, élu le 7 mai 2017 à la tête de la France et qui, depuis, recase ses petits copains de chez McKinsey.

L’État ? Porté disparu

Le nom de McKinsey est associé à une avalanche de scandales depuis l’affaire Enron au tout début des années 2000, le plus grand maquillage des comptes de l’histoire du capitalisme. La plus sordide de ces affaires étant la crise des opioïdes, qui s’est traduite par un demi-million de morts par overdose aux États-Unis, rendus toxicodépendants aux antidouleurs grâce aux recettes marketing que McKinsey revendait à Big Pharma. McKinsey a dû verser en février 2021 la bagatelle de 573 millions de dollars de dommages pour clore les poursuites engagées contre lui. La foule qui criait « Macron assassin » place du Trocadéro ne pensait pas à mal ; pas dit que les familles du demi-million de morts des opioïdes partagent cet état d’esprit pour les amis américains du président Macron.

Tout le monde le sait : les conseilleurs ne sont jamais les payeurs. La sagesse populaire est sur ce point irréfutable et ce n’est pas Emmanuel Macron qui la réfutera. Ainsi les conseilleurs s’appellent-ils dorénavant les cabinets de conseil. Le président de la start-up nation veille à ce qu’ils soient payés comme des footballeurs. Pour eux, pas de coupe budgétaire. Plus d’un milliard d’euros, c’est le « pognon de dingue » que l’État français leur a versé l’an dernier pour plancher sur des quiz dignes du brevet élémentaire, du genre quelle évolution pour le métier d’enseignants. On n’ose parler de scandale d’État tant l’État semble ici une expression abusive. S’il y a du reste un scandale, c’est que l’État lui-même a été externalisé. Ceux qui fantasment sur l’État profond devraient se rendre à l’évidence : l’État profond de Macron, c’est un pays sans souveraineté, sans volonté, vidé de sa substance.

Le management du pédantisme

Les consultants, c’est le truc à la mode. Quand notre président a fermé l’ENA, il n’a fait qu’entériner cet état de fait, les hauts fonctionnaires sont une marchandise largement dévaluée, la fonction publique un organe hypertrophié improductif. De toute façon, les gouvernements sont tellement nuls, les chefs d’entreprise tellement incompétents qu’ils ne peuvent pas ne pas solliciter les avis des cabinets de conseils aux honoraires exorbitants, généralement anglo-saxons, qui vendent du vent sur des tableurs Excel. Hier, c’étaient les espions soviétiques qui s’infiltraient dans les rouages de l’État. Aujourd’hui, ce sont les cabinets. Les espions volaient de vrais renseignements ; ceux que délivrent les cabinets sont faux, inutiles et redondants. Tel est le consulting, en bon franglais. Fini le jargon idéologique truffé de « isme », communisme, nazisme, totalitarisme. Le suffixe « ing » a tout recouvert, marketing, engineering, lobbying. Les États-Unis ont gagné la guerre, dont la guerre des mots. Le triomphe des « ing » n’est guère menacée que par un nouveau venu, la « tech », biotech, foodtech, etc. Même le préfixe « éco », mis à toutes les sauces, a pris un coup de vieux. La novlangue « corporate » règne en maître, au même titre que ces cabinets qui dispensent des conseils uniformes au monde entier. Pensée managériale, disent-ils. Ô pédantisme. Ces cabinets valent les médecins de Molière en matière de mots pompeux, même s’ils ne parlent pas latin. Leur idiome à eux, c’est le baratin. Notez que le résultat est le même : ils prescrivent purges et saignées – et perçoivent leurs notes d’honoraires : salées. Le médicament étant pire que le mal, on les sollicite de nouveau pour soigner les effets secondaires du médicament, et ainsi de suite. L’effet yo-yo en somme, comme avec les régimes amaigrissants. Tu perds 30 kilos et tu en regagnes 50, le cholestérol et le diabète en plus.

L’histoire, un cimetière d’aristocraties

Si Macron est l’idole des consultants, c’est qu’il est un des leurs. Ce n’est pas moi qui le dis, c’est Alain Minc. Il a nommé son pote Éric Labaye, ex-directeur associé McKinsey, à la tête de Polytechnique. Paul Midy a fait lui le chemin inverse : de McKinsey à la direction générale de La République en marche. Mais mon préféré, c’est le fils de Laurent Fabius, pas Thomas, l’enfant terrible qui a laissé des ardoises vertigineuses dans tous les casinos de la planète (3,5 millions à Las Vegas) ! Non, non, mon préféré, c’est Victor, fils cadet du président du Conseil constitutionnel : il est directeur associé chez McKinsey. C’est son gentil papa qui valide les lois que votent les députés godillots LREM ! Ah, c’est beau la consanguinité, plus beau que l’affaire du sang contaminé où a trempé son papa. Contaminée, c’est pourtant bien le mal qui affecte nos élites. Elles ne jurent que par le marché, mais ne connaissent que l’État dont elles sont la classe parasitaire par excellence, cumulant les défauts du public et les tares du privé. L’inertie et la rapacité. Ces élites ont ceci de particulier qu’elles sortent à la fois des meilleures écoles et d’un roman de Bret Easton Ellis, façon American Pyscho : elles sont arrogantes, immatures, narcissiques, criminelles (les opioïdes). Nous voici au cœur du dévoiement de l’intelligence, par quoi se caractérisent les décadences. Les meilleurs – autrement dit les aristoï, en grec (qui donnera aristocrates) – sont désormais les pires. Vilfredo Pareto, le grand théoricien de la production des élites, disait dans un passage fameux de son très épais Traité de sociologie générale que l’histoire est un cimetière d’aristocraties. Aujourd’hui, c’est un cimetière de morts-vivants. C’est ce qui rend ce monde si inquiétant.

 SOURCE 

 

 

Le scandale McKinsey qui éclate en France depuis quelques jours est bien loin de se limiter aux seuls gros titres des médias mainstream affirmant que McKinsey est accusé d’évasion fiscale de grande envergure. Il est probable qu’une telle évasion ait eu lieu, probable qu’elle se chiffre en millions d’euros et probable qu’Emmanuel Macron prenne son peuple pour des idiots lorsqu’il se déclare choqué par un tel procédé. Lui qui a fait gagner plus d’un milliard d’euros d’argent public français à McKinsey et autres cabinets de conseil privés, durant la seule année 2021 pour leurs prestations auprès de l’intégralité des ministères de son gouvernement. Nous y reviendrons.

Le scandale McKinsey est en effet loin de se résumer à cette partie émergée de l’iceberg. Bien plus qu’un scandale fiscal c’est d’abord et avant tout une affaire de trahison philosophique. J’avais alerté dès le mois de février 2021, suite à un article du journal américain Politico, sur la façon dont les lobbies américains, les cabinets de conseil, étaient en train de faire main basse sur les affaires de la France.Était-il normal que McKinsey pilote le plan de relance économique de notre pays et obtienne des contrats de défense ? Que le service national soit dévolu au Boston Consulting Group ? Que Microsoft Corporation décroche des subventions publiques pour centraliser les données de santé des Français malgré l’avis de la CNIL ? Malgré l’avis de la CJUE ? Cédric O avait déclaré que le gouvernement reviendrait sur cette gestion des données de santé françaises par un gestionnaire américain après les prochaines élections car la période actuelle était “sensible” politiquement. Pensent-ils déjà avoir gagné ? Toujours est-il que Monsieur O a depuis annoncé qu’il quittera la politique après la présidentielle…

Était-il normal que les réunions sur la campagne de vaccination Covid-19 au ministère de la Santé soient dirigées par un consultant de McKinsey et non par un représentant de l’État ? Il est dès lors surprenant que tout le monde se scandalise aujourd’hui de ce qui était déjà notoire et scandaleux il y a un an de cela. Un an dites-vous ?

Mais Emmanuel Macron lui-même, interrogé sur cette affaire a pensé se dédouaner en affirmant que la pratique de l’État de recourir à des cabinets de conseil privés existait déjà sous les mandats de Nicolas Sarkozy et de François Hollande. La pratique n’est tout simplement jamais devenue aussi massive et assumée que sous le mandat de ce président, candidat à la réélection.

Mêmes causes, mêmes acteurs, mêmes effets

Il n’est donc pas étonnant qu’outre-Rhin, les mêmes causes aient pu avoir les mêmes effets. Ursula von der Leyen, alors ministre allemande de la Défense, avait déjà suscité le scandale en 2018. Et pour cause, à ce poste, elle avait dilapidé près de 100 millions d’euros d’argent public pour rémunérer plusieurs cabinets de consultants… dont McKinsey. Le résultat est sans appel ; au moment où suite à l’invasion de l’Ukraine chaque pays de l’Union européenne compte ses troupes, ses matériels de combat, ses munitions, le chef d’état-major de l’armée allemande (Bundeswehr) déclare que « la Bundeswehr est plus ou moins à sec » face aux besoins de l’Alliance atlantique. Beau résultat.

On ne s’étendra pas sur l’influence grandissante des lobbies sur la Commission européenne depuis que Madame von der Leyen en est devenue la présidente. Cisco, Bill Gates, Global Citizen, Pfizer, autant d’acteurs avec lesquelles la Commission signe de nombreux contrats, qui peuvent se compter en milliards d’euros comme on l’a vu avec l’achat de milliards de doses de vaccins Pfizer.

Des élites unies par l’idéologie mondialiste

Que David von der Leyen, fils d’Ursula, ait été associé du cabinet McKinsey n’est pas un crime en soi. De même que Victor Fabius soit également associé de ce même cabinet, cabinet qui a inspiré la stratégie vaccinale du gouvernement français, validée par le Conseil constitutionnel dont le président est son père Laurent Fabius ne démontre pas qu’il y ait eu autre chose que de faibles interférences. Mais cela démontre de façon éclatante et spectaculaire, la proximité idéologique qui existe entre tous ces différents acteurs.

En France, le rapport publié par le Sénat sur le rôle des cabinets de conseil privés sur l’action gouvernementale montre que tous les secteurs sont touchés et tous les sujets les plus explosifs du dernier quinquennat ont été impactés par ces officines.

L’optimisation de la logistique hospitalière qui a laissé nos hôpitaux si démunis face à l’épidémie. La gestion des radars routiers, qui furent l’un des symboles de la colère des Gilets jaunes. La distribution des professions de foi électorales, dont la gestion catastrophique lors des dernières élections régionales et départementales avait été reconnue par le ministre de l’Intérieur lui-même.

Capgemini, Deloitte, McKinsey, autant d’associés de la start-up nation chère à notre “Mozart de la politique” ayant fait ses classes chez Rothschild. On comprend bien désormais, d’où pouvaient provenir ses brillantes idées lorsque membre de la Commission Attali, Emmanuel Macron proposait de se débarrasser de la dissuasion nucléaire « qui ne servait à rien » car cela permettait d’économiser 4 milliards d’euros.

Ce qui est une faute morale, c’est la volonté d’un président, d’un gouvernement, élus par les Français, de mettre les plus grands corps de notre administration, de l’Inspection générale des Mines et des Ponts à la Cour des Comptes, aux ordres des cabinets de conseil étrangers dont la logique profonde ne sera jamais celle de l’intérêt du peuple, mais de la rentabilité financière qu’engendreront les “réformes des services publics”.

Les Français bénéficiaires de l’Aide pour le Logement, seront ravis d’apprendre que c’est McKinsey qui avait proposé la réduction de 5 euros de cette aide consacrée aux plus démunis. McKinsey qui n’a payé aucun impôt sur les sociétés en France depuis dix ans…

La France est pourtant, historiquement, le pays du monde qui a été le précurseur du concept d’État. Son administration a jusqu’à il y a peu été grandement réputée dans le monde entier. L’École nationale d’Administration était le symbole de l’excellence intellectuelle française. Emmanuel Macron a bénéficié de cet enseignement d’excellence lui permettant de mettre ses capacités au service de l’intérêt public. Après quelques années comme Inspecteur des Finances, il a préféré se recycler dans le privé pour signer le contrat du siècle actant la fusion entre Nestlé et Danone, gagnant personnellement plusieurs dizaines de millions d’euros avec cette affaire. Son droit.

Mais en revanche, devait-il avoir le droit de dilapider, brader, mépriser, reléguer, tous les hauts fonctionnaires de notre administration, payés par les Français pour servir les Français ? Devait-il avoir le droit de mettre l’intégralité de l’administration française sous la coupe des cabinets de conseil américains ? Juridiquement peut-être. Mais philosophiquement ?

Car ce n’est pas le cabinet McKinsey et autres sociétés privées étrangères qui sont en soi le problème. Ce qui est une faute morale, c’est la volonté d’un président, d’un gouvernement, élus par les Français, de mettre les plus grands corps de notre administration, de l’Inspection générale des Mines et des Ponts à la Cour des Comptes, aux ordres des cabinets de conseil étrangers dont la logique profonde ne sera jamais celle de l’intérêt du peuple, mais de la rentabilité financière qu’engendreront les “réformes des services publics”.

Emmanuel Macron, Ursula von der Leyen et leurs puissants homologues ne sont finalement que les meilleurs soldats d’une idéologie qu’ils nous imposent à tous, nous citoyens français et européens : le capitalisme mondialisé sous influence américaine.

Et les Français dans tout ça ? Ils se retrouvent trahis. Et de cette trahison, McKinsey n’est que l’outil.

SOURCE 

 


jeudi 3 février 2022

Et à sa squaw

 


 

À l'heure où le Canada, sous la houlette du pitoyable, catastrophique et post-humain Justin Trudeau, s'enfonce dans une sorte d'ethnolâtrie asilaire, il ne m'a pas paru abusif de vous remettre ce petit billet qui, malgré ses trois ou quatre ans de cave, n'a pas encore tourné vinaigre (quoique…). Voici donc :


À Jean le Huron… et à sa squaw.

On nous répète à l'envi que se méfier a priori des étrangers, les tenir pour suspects et potentiellement dangereux tant qu'ils n'ont pas dûment donné la preuve de leur innocuité, on nous serine, donc, que c'est très mal, que cela fait de nous de patentés suppôts du nazisme, dont la nauséabonderie délétère devrait d'ailleurs suffire à faire fuir n'importe quel étranger aux narines tant soit peu délicates – mais passons.

Il est donc entendu que l'étranger est notre ami, qu'il ne vient vers nous que dans l'espoir de s'enrichir culturellement à notre contact ; le présupposé reste vrai même lorsque l'étranger est une demi-douzaine et que chacun tient négligemment à la main la chaîne de sa mobylette : la perspective d'un réel déplaisant ne doit en aucun cas faire pâlir l'image sainte que l'on nous somme d'adorer, ou au moins d'accueillir comme un autre nous-même, voire un nous-même amélioré.

C'est d'ailleurs ce qu'ont fait les Indiens des Indes occidentales lorsque les Colomb, Cortès et autres Pizarro ont débarqué dans leurs îles puis sur leur continent : accueil bienveillant, ouverture à l'autre, curiosité interethnique, rien n'y manquait. On sait le résultat de cette largeur d'esprit : massacres, épidémies, réserves. Si ces braves emplumés avaient pu bénéficier des apports du fascisme, du repli sur soi, de la xénophobie agissante et des heures les plus sombres de toute histoire, qu'eussent-ils fait, voyant débarquer ces peu nombreux étrangers cuirassés et coiffés de casques ridicules ? Ils les auraient gaillardement massacrés jusqu'au dernier avant même qu'ils ouvrent la bouche, puis auraient envoyé caravelles et galions par le fond, tandis que les squaws auraient préparé un grand barbecue festif sur la plage pour arroser ça. À la rigueur ils auraient esclavagisé quelques spécimens pour les envoyer couper beaucoup bois quand hiver très rude. Et ils étaient tranquilles pour au moins un siècle, à chasser le bison et scalper les voisins. Au lieu de ça, ils ont préféré jouer aux progressistes, aux multicul', aux vous-n'aurez-pas-ma-haine : c'est bien fait pour eux.

La règle sera donc la suivante, et elle est d'or : soyez xénophobes, mes frères, par principe et résolument ; cela peut vous sauver la vie, et accessoirement le pucelage de vos filles, comme l'histoire des hommes le montre d'abondance. Et ce n'est qu'une fois prouvée sa bénévolence que l'étranger pourra, très éventuellement, être convié à dîner à la maison. Mais on aura garde de ne mettre à sa disposition, à table, que des couteaux aussi peu affutés que possible. Parce que, tout de même : un étranger reste un étranger. Parole de Geronimo.
 

mardi 28 décembre 2021

Encore un petit effort et nous y serons bientôt...

 

Mathieu Slama: «Un état d'exception qui dure depuis deux ans n'est plus un état d'exception»

«Il est probable qu'une fois la crise passée, l'état d'exception sera formellement suspendu et le régime démocratique normal réinstallé», écrit Mathieu Slama.
FIGAROVOX/TRIBUNE - Face à la propagation du variant Omicron, le gouvernement a annoncé lundi de nouvelles restrictions et la mise en place du passe vaccinal. L'état d'exception est devenu la norme, fragilisant ainsi les principes démocratiques de la République, s'inquiète Mathieu Slama.

Consultant et analyste politique, Mathieu Slama collabore à plusieurs médias, notamment Le Figaro et Le Huffington Post. Il a publié La guerre des mondes, réflexions sur la croisade de Poutine contre l'Occident, (éd. de Fallois, 2016).


«Tout cela semble être un film qui ne finit pas». Pour une fois, on ne peut qu'être d'accord avec cette formule du Premier ministre Jean Castex lors de son allocution lundi soir pour annoncer les nouvelles mesures de restriction pour faire face au rebond épidémique actuel. Un film qui ne finit pas, et qui, à mesure qu'il avance, devient de plus en plus oppressant et anxiogène.

Il y aurait beaucoup à dire sur le retour des mesures absurdes et ubuesques comme le fait de ne plus pouvoir manger debout dans un restaurant ou encore d'interdire de consommer dans les trains, illustrations tragicomiques de la biopolitique intrusive et infantilisante que l'on subit depuis maintenant deux ans. Il y aurait également beaucoup à dire sur le retour du masque en extérieur, mesure à la fois inutile et aussi problématique du point de vue juridique, puisque la loi française indique que «la République se vit à visage découvert». Il y aurait enfin beaucoup à dire sur la malheureuse formule de Jean Castex - «ne faire peser les restrictions que sur les non-vaccinés» - qui n'a pas sa place dans une démocratie normale.

Le nouveau paradigme de gouvernement [...] fait du régime démocratique l'exception et le régime d'exception la norme.

Mathieu Slama

Mais l'essentiel n'est pas là. L'essentiel est dans le nouveau paradigme de gouvernement qui s'installe depuis deux ans et qui fait du régime démocratique l'exception et le régime d'exception la norme. Il est dans la banalisation d'une méthode de gouvernement non démocratique, autoritaire, verticale, et dans la normalisation d'un état d'exception devenu permanent.

Les mesures annoncées par Jean Castex ne sont pas des propositions mais des décisions prises dans le cadre d'un Conseil de défense, qui est l'organe de décision privilégié par le gouvernement depuis le début de la pandémie. C'est donc un organe opaque, centré sur la personne du chef de l'État, qui prend toutes les décisions, charge au reste des institutions démocratiques de les valider (nous y reviendrons). Le Conseil de défense ne consulte qu'un seul organisme avant de se réunir : le Conseil scientifique, organisme non élu réunissant des médecins et experts qui n'ont aucune légitimité démocratique – et, disons-le, aucun souci de la chose publique. Aucun compte-rendu n'est fait de ces réunions, évidemment.

Si le Parlement ne joue plus son rôle, qu'en est-il de nos contre-pouvoirs juridictionnels, c'est-à-dire le Conseil d'État et le Conseil constitutionnel ? Depuis deux ans, ces deux institutions garantes de notre État de droit valident toutes les principales mesures restrictives prises par le gouvernement, du confinement au couvre-feu en passant par le passe sanitaire. Le dernier avis en date du Conseil d'État concerne le passe vaccinal, qu'il valide entièrement à une seule condition (minime) : que le certificat de rétablissement puisse être pris en compte. Le Conseil d'État, dans son avis, estime «justifié par un objectif de santé publique» le contrôle, par les professionnels (restaurateurs, gérants de cinéma, etc.), de l'identité des clients (mesure insensée qui fait de certains citoyens des agents de police), tout comme il ne voit aucun inconvénient à l'exclusion de toute vie sociale des citoyens refusant de se faire vacciner. S'il y a bien une chose que cette crise prouve, c'est la plasticité des interprétations possibles de nos principes juridiques, et donc la grande fragilité de nos droits fondamentaux… Mais elle prouve aussi combien les juges administratifs et constitutionnels ont trahi leur mission première, qui est de défendre nos droits et principes fondamentaux face aux velléités du pouvoir.

Le projet de loi qui va être discuté au Parlement prévoit la création d'un «état de crise sanitaire» qui autorise le gouvernement à prendre, par simple décret et sans contrôle du Parlement, des mesures attentatoires aux libertés, tandis que les conditions d'état d'urgence sanitaire sont maintenues, permettant au Premier ministre de décider par décret de mesures de restriction de la circulation des personnes, d'interdiction de la sortie de domicile, de limitation des rassemblements dans les lieux publics ainsi que toute autre mesure limitant la liberté d'entreprendre. Le projet de loi donne donc les quasi pleins pouvoirs à un gouvernement qui peut désormais prendre des décisions gravissimes sans aucun contrôle du Parlement. Et quand on rétorque aux membres de la majorité que cette situation pose a minima d'immenses problèmes démocratiques, ils répondent que tout a été voté par le Parlement et validé par le Conseil constitutionnel. Circulez, il n'y a rien à voir.

Un état d'exception qui dure depuis deux ans n'est plus un état d'exception : c'est un état normal.

Mathieu Slama

Un état d'exception qui dure depuis deux ans n'est plus un état d'exception : c'est un état normal, une nouvelle forme de gouvernementalité qui s'installe. Et c'est là la dérive la plus grave de la politique actuelle : normaliser des choses exceptionnelles et provisoires, installer des pratiques gouvernementales autoritaires et contraires à notre tradition républicaine. Désormais, l'exigence d'efficacité (toute relative d'ailleurs quand l'on voit les résultats de la politique sanitaire) l'emporte sur l'importance des grands principes. L'idée même du passe est en train d'être normalisée, puisqu'il n'est même plus question de s'en débarrasser le plus vite possible. Ce qu'on normalise dans cette crise n'est pas négligeable : des mesures disciplinaires privant de leurs droits essentiels des citoyens sans même passer par la case justice, et cela pour les amener à adopter le bon comportement ; des mesures d'enfermement avec dispositif policier ; des déclarations sidérantes comme celle, récente, de Jean Castex accusant les 6 millions de non-vaccinés de mettre en danger la vie de la nation tout entière. En banalisant l'état d'exception, on banalise tout ce qui va avec : mesures d'exception et discours autoritaires et punitifs. Récemment, on entendait une députée de la majorité expliquer de manière très sérieuse que «la liberté était collective et non individuelle», ce qui revient ni plus ni moins à remettre en cause tous les acquis et l'héritage de la Révolution française. Et que dire de ce rapport d'information rédigé par trois sénateurs et publié cet été, dans lequel on pouvait lire cette phrase ahurissante qui dit tout de l'époque que l'on est en train de vivre : « Si une « dictature » sauve des vies pendant qu'une « démocratie » pleure ses morts, la bonne attitude n'est pas de se réfugier dans des positions de principes, mais de s'interroger sur les moyens concrets, à la fois techniques et juridiques, de concilier efficacité et respect de nos valeurs ». Le même rapport indiquait que «les lignes rouges ont beaucoup évolué en un an» : on ne peut qu'acquiescer – et s'en désespérer…

Il y a bien, dans l'opinion, une demande d'autorité et de coercition qui ne s'embarrasse guère d'états d'âme, ni même de précautions démocratiques.

Mathieu Slama

Que dire du dernier contre-pouvoir, l'opinion publique ? Les sondages parlent d'eux-mêmes : 66% des Français seraient favorables au passe vaccinal, et 64% seraient même d'accord pour imposer le passe sanitaire au travail (mesure qui n'est pas incluse dans le projet de loi tel qu'il a été présenté par le gouvernement). Les mesures d'exception sont fortement plébiscitées dans l'opinion, et il serait injuste d'attribuer cela au seul pouvoir de manipulation du gouvernement. Il y a bien, dans l'opinion, une demande d'autorité et de coercition qui ne s'embarrasse guère d'états d'âme, ni même de précautions démocratiques. L'État de droit n'est plus à la mode, et il n'y a qu'à voir les programmes des candidats à la présidentielle pour se rendre compte à quel point les mesures sécuritaires exceptionnelles semblent devenir aujourd'hui un prérequis pour espérer remporter l'élection à la fonction suprême.

Il est probable qu'une fois la crise passée, l'état d'exception sera formellement suspendu et le régime démocratique normal réinstallé. Mais on peut d'ores et déjà prendre les paris : comme ce fut le cas pour certaines mesures antiterroristes en 2017, des mesures d'exception entreront dans le droit commun. Surtout, ce qui a été inventé lors de cette crise ne disparaîtra pas. Il est désormais possible, dans notre démocratie, d'enfermer les gens et d'installer une société de surveillance, de mettre en place des passes pour diriger le comportement des citoyens, de diriger par la contrainte et la menace plutôt que la conviction, de désigner des millions de citoyens comme les responsables d'une crise. On sous-estime grandement les dommages causés par cette crise sur notre démocratie et sur notre capacité à discerner ce qui est acceptable et ce qui ne l'est pas. Le virus a révélé combien nos principes démocratiques étaient fragiles, au point que la perspective d'un couvre-feu (finalement invalidée) est désormais accueillie comme une chose normale et envisageable, comme les aléas d'une crise qui n'en finit plus et qui, quand elle sera finie, risque de laisser des traces indélébiles sur notre démocratie.

SOURCE 

lundi 22 novembre 2021

Té bél

 


Par Laurène Jacquerez ♦ « Té bél ! » Voilà la phrase qui a marqué les deux mois de séjour à Marseille de Laurène Jacquerez. Découvrez son « journal » édifiant dans lequel on (re)découvre à quel point le harcèlement de rue – très majoritairement le fait d’extra-européens – est un calvaire pour les femmes. Définitivement, Marseille semble rimer avec « m’harcèle ».
Polémia

 

Marseille 2021

À Marseille on est Marseillais, c’est bien connu.
J’allais donc être Marseillaise pendant deux mois avec mon ami.
Location à deux pas du Vieux Port.


Jour 1 –
Beau temps, soleil, légère brise.

Je sors dans la rue en robe (détail important) et je reçois mon premier cadeau au bout de 35 mètres : « Té bél. »
Puis 45 mètres et un nouveau « té bél ».
Je suis heureuse.

Jour 2 – Beau temps, soleil, pas de vent.

Je sors dans la rue en jupe et talons, et je reçois mon cadeau au bout de 120 mètres : « Té bél. »
Puis au retour de ma promenade : « Té jôli. »
Je suis moins heureuse.

Jour 3 – Beau temps, soleil, brise moyenne.

Je sors sur le balcon pour m’aérer et je reçois un cadeau inattendu au bout de 72 secondes : « Té bél. »
Je rentre.
Je suis ronchon.

Jour 4 – Beau temps, soleil, pas un souffle.

Je sors faire les courses au Monoprix d’en face et je reçois mon cadeau quotidien au bout de 55 mètres : « Té bél. »
Regard noir de mon complimenteur que je n’interprète pas encore.
Au retour, et par deux fois, je reçois le même compliment : « Té bél », « Té bél ».
Je ne comprends pas.

Jour 5 – Beau temps, soleil, pas d’air.

Changement de tenue : pantalon et chemise. Mon cadeau quotidien arrive quand même au 200e mètre : « Té bél. »
Agressivité dans la voix qui clairement m’interroge sur ce que je fais là.
Au retour, pas de « té bél ».
J’en parle à mon ami. Changement de stratégie.

Jour 6 – Beau temps, soleil, vent fort.

Je choisis mon moment pour sortir, pantalon et pull léger, et je me bouche les oreilles avec mes écouteurs.
Je sens les regards perçants qui se posent sur moi.
Je n’entends pas les « té bél ».
Je ferme les yeux.

Jour 7 – Beau temps, soleil, vent chaud.

Je suis au fort Saint-Jean. Je lis. On m’accoste dans une langue que je ne comprends pas.
Je lève l’ancre. Je me réfugie à la maison. La colère monte.

Jour 8 – Beau temps, soleil, même vent chaud.

J’appréhende. Je reste chez moi.
Pas de « té bél ».
Je suis moi-même.

Jour 9 – Beau temps, soleil, vent du nord.

Je vais à la laverie. Rue étroite et langue étrangère. Regards insistants. Le cadeau quotidien ne tarde pas, légèrement différent : « Hé t’as d’bô zieu. »
Je frissonne.

Jour 10 – Beau temps, soleil, brise marine.

Discussion avec mon ami.
Résultat : je n’emprunte plus certaines rues.

Jour 11 – Beau temps, soleil, brise salée.

Je sors sur le Vieux Port. Je suis repliée sur moi-même.
Pas de « té bél » mais à la place un regard noir glaçant.
Il veut dire : « Reste chez toi, la rue n’est pas ta place. »
J’aimerais être invisible. 

Jour 12 – Beau temps, soleil, vent faible.

Je ne sors pas.
Je n’ai rien à faire dans cette ville.
J’ai peur.

Jour 13 au jour 60 – Beau temps, soleil, vent variable.

Sorties rares et éphémères. Plaisir absent.
J’endure Marseille.

Jour 61 – Beau temps, soleil, petite brise.

J’ai compté les jours comme un prisonnier dans sa cellule. Nous partons.
Je respire à nouveau, il était temps.

Jour 62 – Marseille est un souvenir.

Je renoue avec les robes. Je suis enfin une femme.

Enfin libre.

 

Conclusion :

À Marseille on est plus Marseillais !
J’invite ces dames du gouvernement à passer un week-end prolongé à Marseille avec moi.
Mesdames Schiappa, Borne, Wargon… Je vous remercie de m’indiquer les dates qui vous conviennent.

SOURCE 

lundi 15 novembre 2021

Pour la gloire de nos pères

 

 


Gilles-William Goldnadel: «Nous sommes en guerre à l'extérieur comme à l'intérieur de nos frontières»

«On voit bien que l'Europe politique aura contribué à affaiblir et désarmer la nation polonaise et son peuple plutôt qu'à les défendre».
«On voit bien que l'Europe politique aura contribué à affaiblir et désarmer la nation polonaise et son peuple plutôt qu'à les défendre». AFP

FIGAROVOX/CHRONIQUE - La Pologne fait actuellement face à un afflux de migrants à sa frontière. L'avocat regrette que le principe de précaution ne soit pas invoqué dans cette crise, notamment à l'aune des déclarations de François Hollande sur la présence de terroristes parmi les migrants en 2015.



La semaine qui vient de s'écouler devrait être de nature à convaincre définitivement les sceptiques, les réfractaires et les mal voyants que nous sommes en guerre. Mais en cette matière déraisonnable, où la cécité règne, je n'y crois guère. Qu'importe, il ne m'est pas interdit d'essayer au moyen de l'actualité, en espérant que les chroniques les plus belles soient les plus désespérées. Et l'actualité de cette semaine m'aura aidé au-delà de toute désespérance.

D'abord, évidemment, en raison de l'agression migratoire menée cyniquement contre la Pologne - et donc contre nous par capillarité - par la Biélorussie. Je n'entends pas ici l'analyser par le menu, notre journal s'en est chargé. Je voudrais en dévoiler les sens cachés.

Elle est d'abord celle de la brute épaisse contre la chrétienne faiblesse. Si par hypothèse extraordinaire autant qu'absurde, la Pologne avait expédié des milliers de Syriens ou de Libanais vers la Biélorussie, nul ne doute que Loukachenko aurait fait donner la troupe sans état d'âme, faute d'en posséder.

Mais ce lieu commun ne saurait me dispenser de visiter un endroit moins exploré de notre psyché occidentale tourmentée : cette situation faite à la Pologne résulte avant tout de ce que biélorusses et ces migrants du Moyen-Orient - qui ne sont pas non plus les enfants de chœurs que d'aucuns médias se plaisent à dessiner - misent sur la faiblesse psychologique et politique de l'Europe crépusculaire mais encore argentée.

Dans ce cadre, on voit bien que l'Europe politique aura contribué à affaiblir et désarmer la nation polonaise et son peuple plutôt qu'à les défendre. C'est elle qui les punit financièrement au prétexte qu'un tribunal constitutionnel a eu le front de prétendre que les lois fondamentales de ce pays théoriquement souverain étaient supérieures à la loi européenne, ce qui est juridiquement possible et que la Cour de Karlsruhe avait pu affirmer sans essuyer de remontrance. Mais ce qu'une juridiction d'une Allemagne dans la repentance post-nationale peut invoquer, la Pologne catholique, patriotique et conservatrice ne le peut. Ses aspirations sont l'exact contraire des prétendues «Valeurs» d'une Europe qui ne déteste rien plus que les racines identitaires et culturelles cultivées et la souveraineté nationale revendiquée, sans avoir eu l'idée de consulter les peuples avant que de les proclamer.

Dans ce cadre multiculturaliste et fédéraliste, l'idée de défendre une frontière nationale contre une invasion est une abomination. La France macronienne et européiste y avait même longtemps répugné contre un virus mortel invasif, au mépris de la vie des gens.

Car, pour la première fois dans l'histoire de l'humanité, l'envahisseur, sans uniforme, fait figure de victime et l'envahi ne saurait faire mauvaise figure, sauf à passer pour un hideux salaud.

C'est dans ce contexte psychologique culpabilisant largement masochiste que François Hollande a révélé benoîtement au procès du Bataclan, ce qui n'était du reste qu'un secret de Polichinelle, à savoir qu'on savait que se dissimulaient parmi les migrants qui arrivaient en masse avant le 13 novembre 2015 des terroristes islamiques. Mais on se doit surtout de comprendre que dans la France pathologiquement culpabilisée, la préférence pour l'Autre, ce que je nomme depuis longtemps la «dilection mortelle pour l'altérité» est encore plus sacrée que cette vie humaine des Français pourtant sanctifiée. Plus sacrée que la vie de nos enfants. Il était donc interdit de se poser la question philosophique de savoir si, au nom du principe naturel de précaution, il n'aurait pas été plus impérieux de refuser l'entrée d'un seul migrant - au demeurant sans papiers - pour protéger la vie d'un seul enfant français. Mais, d'évidence ce principe de précaution n'est légitime que pour nous protéger du maïs génétiquement modifié.

 De la même manière, il serait moralement indécent de suggérer que parmi les migrants islamiques syriens ou africains qui forcent l'entrée de la Pologne, mais aussi de l'Italie ou de l'Angleterre, d'aucuns sont envoyés pour semer la mort et le chaos.

Nous sommes en guerre. Des ennemis intérieurs assistés de collaborateurs d'extrême gauche idiotement utiles la préparent.

Ainsi, le meurtrier condamné à la perpétuité de la pauvre Mireille Knoll, sacrifiée parce que juive, dont j'ai eu l'honneur de défendre la famille, avait la carte de l'Algérie tatouée sur le torse, mais parlait de la France comme d'«un putain de pays» qui décerne des médailles aux tueurs d'Arabes. C'était aussi un admirateur de Coulibaly, le massacreur de l'Hypercasher.

Voilà pourquoi je ne cesse de vouloir expliquer que l'antisémitisme islamique d'aujourd'hui en France est un cocktail détonant de judéophobie culturelle et de racisme anti-français au carré. Le juif n'étant plus vu comme un métèque apatride, ainsi que le regardait l'extrême droite d'hier, mais comme un français blanc au carré.

Nous sommes en guerre. Comme le disait ce triste vendredi 13 le si courageux Boualem Sansal à Alexandre Devecchio : «Le scénario le plus probable est la guerre civile, avec à terme la libanisation du pays ou son algérianisation».

Nous sommes en guerre, mais, comme disait l'auteur du Livre de ma mère, il ne faut pas le dire aux petits enfants.

Et pourtant, il faudra bien la faire. Pour la gloire de nos pères.

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